Un prof qui prépare sa saison – pour les adultes

Préparer une saison, ce n’est pas anodin. Sans vous donner une règle ou une marche à suivre à la lettre, comme d’habitude, je vous partage mon expérience. Si vous avez des conseils, n’hésitez pas, je suis preneur avec plaisir !!

Les réflexions que je développerai ici sont le fruit d’un travail à la fois personnel et, surtout, en collaboration avec Simon, mon comparse avec qui nous animons le club de Sarry.

Les objectifs des élèves

En début de saison, chaque élève arrive avec ses envies et ses objectifs de l’année. L’un des rôles de l’enseignant, à mon sens, est de pouvoir les accompagner tout en leur donnant un point de vue objectif et technique sur ceux-ci. Pour beaucoup d’entre eux, il va donc falloir commencer la saison par : être à l’écoute. Cela permettra d’éditer de manière informelle, pour chaque élève, un (ou plusieurs) objectif(s) pour la saison.

Pour ce qui concerne les diplômes reconnus, la saison prochaine, il y a déjà un élève qui souhaite s’engager dans la préparation d’un Brevet Fédéral (BF — premier diplôme permettant d’enseigner) et une jeune élève qui souhaite présenter son premier Dan.

de prime abord, ces deux objectifs nous semblent, à Simon et à moi, pertinents et adaptées. Le BF apportera à notre pratiquant confirmé une meilleure compréhension du déroulé d’une séance et de comment fonctionne la pédagogie qu’il suit depuis des années. Il s’agit donc d’une mise en perspective du travail d’élèves qui lui permettra également de prendre du recul sur sa pratique et sur les interactions à l’œuvre pendant une séance. De plus, un nouveau diplôme permettra un peu de soulager Simon et moi dans l’animation des séances selon les besoins, mais aussi et surtout, selon les envies du potentiel nouvel enseignant. Vu son deuxième dan obtenu récemment, cela nous parait le bon moment pour démarrer cette formation. 

D’autre part, notre jeune élève de 15 ans pratique l’aïkido depuis son plus jeune âge. Ses bases techniques sont aujourd’hui de très bonne facture et ses capacités physiques en adéquation avec l’exigence d’un passage. Sans être assuré du résultat, encore une fois, la démarche dans laquelle se lance notre pratiquante nous paraît plus que bénéfique, même si le chemin ne sera pas simple.

Ensuite, après avoir passé la saison précédente à aider tous ceux qui présentaient une ceinture noire, beaucoup de nos pratiquants de plus de 15 ans souhaitent avancer dans leur grade kyu, et c’est légitime. Mais il y a aussi tous les élèves que nous voyons progresser et pour lesquels il nous faut valoriser leur avancée. Il nous faudra donc envisager des passages de kyu durant l’année en fonction du calendrier. Personnellement, je trouve qu’une session entre décembre et février (optionnelle) et une en juin permettent d’avoir un bon rythme dans l’année. Il est aussi important de respecter le rythme de progression et d’engagement de chaque pratiquant.

Pour nous y retrouver, nous tenons un tableur collaboratif à jour. Il contient les grades et diplômes actuels de chaque adhérent ainsi que les perspectives de chacun. Pour éviter la multiplication des supports, ce fichier intègre également une progression que j’évoquerai après. Je vous partage cet outil avec plaisir en suivant le lien ci-contre (le dossier est anonymisé, évidemment).

Les objectifs du prof pour le groupe

Les objectifs sont variés en fonction du niveau du pratiquant mais aussi de ce que nous souhaitons développer dans notre propre pratique d’enseignant. Oui, un peu égoïstement, faire un cours en club nous permet aussi de prendre du recul et d’approfondir certains points techniques pour nous. Ces parties sont complètement transparentes pour les pratiquants, mais elles sont indispensables pour les enseignants dont la pratique pure est plus « distante ».

Au regard des progrès et des problématiques de la saison qui vient de s’écouler, voici les pistes principales que nous avons choisies :

Pour les débutants, l’accent sera mis sur la sécurité avec tout ce qui concerne « l’aller au sol » (chutes arrière puis avant) mais également tous les déplacements. Pour cela, l’étude des kihon est essentielle, mais pas seulement.

Pour les confirmés, l’étude des appuis sera à l’honneur. Je parle ici des appuis de tori, ceux d’uke, sans oublier tous les appuis entre les partenaires. 

Entre les deux, il faudra réussir à faire converger les pratiquants vers une meilleure considération du déséquilibre dans le mouvement. Comme le seul passage de grade prévu sera un 1D (que je considère encore comme intermédiaire. C’est un point de vue très personnel), le « formatage » nécessaire à l’examen se fera sur ce niveau.

Concernant le travail aux armes, en plus d’y trouver un éclairage particulier par rapport à la pratique à mains nues, il a surtout un grand intérêt pour le shiseï et la gestion des distances ou des directions. C’est pour cet impact sur le corps que j’aime bien commencer par le boken avant de travailler les autres armes.

Toutes ces réflexions, tant sur les armes que sans, nous permettent d’éditer la progression que vous trouverez dans le fichier précédent.

Les évènements à prévoir

Et oui, une saison, il faut aussi la cadencer avec des rendez-vous réguliers. Un club est aussi, et avant tout dans notre coin du monde et à notre époque, une association, un groupe soudé. En tout cas, notre vision avec Simon et mes autres camarades du club, c’est que les pratiquants restent et reviennent, non seulement pour la rigueur technique, mais également pour l’ambiance qui règne avant, pendant, après et en dehors des cours.

Il faut donc anticiper tant les rencontres avec le groupe enfants et les familles que les rendez-vous techniques.

Pour la convivialité, nous misons sur quelques rendez-vous annuels : fête de fin d’année, galette, fête des Sakura, fête de fin d’année. Pour notre 3ᵉ saison, nous commençons à être rodés sur la question et la préparation devient minime en amont de celles-ci. En revanche, d’autres rendez-vous de communication demandent davantage de temps. Je peux parler du forum des associations de début de saison, par exemple. Il nous faut préparer un peu le matériel et les interventions.

Ensuite, il y a aussi les commandes de matériel. En lien avec notre association de l’Éveil de Sarry, nous devons nous coordonner pour avancer ou financer certains achats provenant, pour quelques-uns, du Japon.

Enfin, il y a les interventions d’experts à finaliser durant cette période estivale. Cela demande souvent de jongler avec le calendrier officiel de la ligue et/ou du CID et ceux des experts eux-mêmes déjà fortement sollicités.

Conclusion

Cela peut paraître énorme pour les non-avertis ou, au contraire, plutôt rapide et superflu. De mon côté, j’ai tendance à y penser longtemps. À y réfléchir encore et encore pour toujours affiner davantage. C’est peut-être trop, mais cela fait partie d’une construction des plus intéressantes tant sur l’aspect technique que pédagogique. Heureusement que j’ai la chance d’être en vacances pour le faire.

Profitez bien de vos vacances et bon courage à tous les enseignants d’aïkido dans ce travail de réflexion estivale.

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