Grades et ceinture noire – tout un débat (p1)

Posons le cadre

Les passages de grades 3e-4e dan viennent de se terminer alors que les 1er et 2e dan se déroulent encore partout en France. Cela donne peut-être envie à certains de passer un grade… ou pas.

Quoi qu’il en soit, ce n’est pas anodin. Certains vous diront que les passages de grade ne sont pas importants, d’autres que c’est l’alpha et l’Oméga de la progression. Comme toujours, tout est affaire de mesure et de juste milieu.

Est-ce important ?

La réponse est OUI, sans aucun doute. Toute la question est de savoir le sens que nous y donnons. Autrement, comment expliquer le nombre de candidats chaque année et la dévastation que cela peut être quand il y a un échec. En effet, malheureusement, j’ai des exemples de pratiquants qui ont tout arrêté après avoir été recalés à leur examen. Je reviendrai prochainement sur cette importance dans une autre partie.

Une chose est certaine : c’est votre enseignant qui vous donnera le feu vert pour savoir s’il juge que vous êtes prêt, ou non, à vous présenter. N’hésitez donc pas à vous tourner vers lui pour en discuter et vous conseiller. Vos sempaï sont aussi de très bons conseillers pour répondre aux questions qui vous taraudent.

Rappel des grades en aïkido

Les grades Kyu :

Au nombre de 6, ils sont passés du 6e au 1er par votre enseignant comme examinateur. La plupart du temps, pour les adultes, la ceinture reste blanche. C’est pour les enfants que les couleurs sont souvent utilisées. Pour réguler la vitesse de progression chez les jeunes, il est souvent mis en place des 1/2 grades.

Pour des raisons évidentes, je ne veux pas donner de repère temporel, en dehors de mettre la pression, je n’y vois aucun intérêt.

Ainsi, faisons la liste avec ma propre vision de ces grades :

  • 6e Kyu – Myu-Kyu :
    C’est la découverte de la pratique. Ce grade est celui que tout le monde possède en s’inscrivant.
  • 5e Kyu :
    Je démarre les premières techniques et quelques mouvements élémentaires. Je commence à prendre goût à ce que je fais. Mon corps commence à prendre des habitudes intéressantes.
  • 4e Kyu :
    Les postures du corps commencent à s’affirmer suffisamment pour engendrer une première confiance en soi et en son corps.
  • 3e Kyu :
    Je commence à être un modèle pour les tous débutants qui poussent la porte du dojo, mais j’ai encore beaucoup à apprendre pour rejoindre mes sempaï. Les techniques commencent à être reconnues sans trop de difficultés même si je ne fais pas encore toutes les bonnes associations
  • 2e Kyu :
    J’arrive à associer les techniques et les attaques même si tout n’est pas parfait. Le vocabulaire est de mieux en mieux maîtrisé. Mes postures sont bonnes et inspirantes.
  • 1er Kyu :
    Je suis prêt à être présenté au 1er dan dans la connaissance des techniques. Ce grade engage la préparation effective à la ceinture noire.

Et le Hakama dans l’histoire ? Ce n’est pas un grade et chaque dojo a sa propre politique. Comme ce n’est pas le sujet de cet article, je ne m’y attarderai pas. Si la question demeure, demandez à votre enseignant, c’est le plus simple.

Les grades Dan :

Ces grades sont encadrés par la législation française par l’article L212-5 du code du sport. Celui-ci énonce :

Pour l’aïkido, il y a deux fédérations (FFAAA et FFAB) dont une CSDGE commune est agréée. En pratique, une seule ceinture noire est portée quel que soit le dan possédé par le pratiquant.

Voici ainsi ce que dit le règlement particulier de cette commission, dont voici le lien, et qui provient de la vision de Tamura Senseï :

  • 1er Dan – SHODAN :
    « SHO est le début, ce qui commence. Le corps commence enfin à répondre aux commandements et à reproduire les formes techniques. On commence à saisir une certaine idée de ce qu’est l’Aïkido. Il faut alors s’efforcer de pratiquer ou de démontrer, lentement si nécessaire, mais en s’attachant à la précision et à l’exactitude. »
  • 2e Dan – NIDAN :
    « Au travail du 1er Dan on ajoute rapidité et puissance en même temps que l’on démontre une plus grande détermination mentale. Cela s’exprime chez le pratiquant par la sensation d’avoir progressé. Le jury doit ressentir ce progrès en constatant une clarté de la mise en forme et de l’orientation du travail.« 
  • 3e Dan – SANDAN :
    « C’est le début de la compréhension du kokyu ryoku (coordination de la puissance physique et du rythme respiratoire). L’entrée dans la dimension spirituelle de l’Aïkido. La finesse, la précision et l’efficacité technique commencent à se manifester. Il devient alors possible de transmettre ces qualités. »
  • 4e Dan – YONDAN :
    « A ce niveau techniquement avancé on commence à entrevoir les principes qui régissent les techniques. Il devient possible de conduire plus précisément les pratiquants sur la voie tracée par le fondateur. »
  • 5e Dan – GODAN :
    « L’art respecte les principes et l’esprit, commençant à se dégager de la forme, ne reste plus prisonnier de l’aspect extérieur de la technique. De nouvelles solutions techniques apparaissent en fonction des situations. »
  • 6e Dan – ROKUDAN :
    « La technique est brillante, le mouvement est fluide et puissant. Il doit s’imposer comme une évidence à celui qui regarde. La puissance et la disponibilité physique comme la limpidité du mental s’unissent sans ambiguïté dans le mouvement et s’expriment aussi dans la vie quotidienne. »
  • 7e Dan – NANADAN :
    « L’être se débarrasse de ses obscurcissements et apparaît sous sa vraie nature ; il manifeste son vrai soi. Libre de tout attachement il éprouve la joie de vivre ici et maintenant. »
  • 8e Dan – HACHIDAN :
    « Au-delà de la vie et de la mort, l’esprit clair est ouvert, capable d’unifier les contraires, sans ennemi, il ne se bat pas. Sans combat, sans ennemi, il est le vainqueur éternel. Sans entrave il est libre, libre dans sa liberté. O Senseï disait « En face de l’ennemi il suffit que je me tienne debout sans rien de plus ». Sa vision englobe et harmonise la totalité. Mais rien ne s’arrête là. Même l’eau la plus pure peut pourrir dans une mare ; il ne faut jamais oublier l’esprit du débutant accomplissant son premier pas. »

J’ai bien conscience que les dernières descriptions semblent ésotériques, mais il est important d’avoir en tête que toute pratique a une dimension philosophique. Faites-moi confiance, nous en parlerons dans la prochaine partie.

Au besoin, voici la liste des liens pour les autres articles de cette série :

Article 1 :
Posons le cadre

Vous y êtes

Article 2 :
Quel investissement !

Article 3 :
Des contraintes importantes

Article 4 :
Des idées pour faire évoluer

Pour être toujours informé des articles, activez les notifications par mail !
Quand une nouvelle page sera crée ou modifiée, un article rédigé, vous en serez averti par mail.
Merci