la science de l’éduc en Aïki

Tout d’abord, Merci !

En effet, je tiens à remercier Stéphane Éthève pour sa page Facebook : « le dojo pédagogique » et la page Youtube associée.

Alors, au-delà de la personne que j’estime énormément, son propos est d’une pertinence folle. Dans cet article, je tiens à expliquer, à mes yeux, l’importance du travail qu’il accomplit. Détailler pourquoi les formations d’enseignants en aïkido doivent absolument évoluer pour prendre en compte ces questions essentielles.

Qu’est-ce que la science de l’éducation ?

Il s’agit d’un terme générique pour regrouper toutes les recherches scientifiques qui tournent autour de la transmission des savoirs et de leur évaluation. Voyons quelques mots de vocabulaire de base :

  • La didactique : c’est la science la plus déployée dans les laboratoires de recherche dans le monde sur ces questions d’éducation. Il s’agit du « fond » de la transmission du savoir. Comment celui-ci se structure, se construit chez l’apprenant. Cette science étudie les impacts (positifs ou négatifs) qu’ont un choix d’approche décidé par l’enseignant. Souvent, ces études sont liées à une discipline, ou un champ disciplinaire. Cependant, la première chose que l’on découvre dans ce domaine d’expertise, c’est que tout est interconnecté.
  • La pédagogie / l’andragogie : c’est la mise en œuvre concrète de la didactique face à des élèves / stagiaires. La pédagogie qualifie le travail à fournir avec un public enfant quand l’andragogie qualifie celui pour un public adulte. Même s’il y a des différences fondamentales, par abus de langage, on utilisera le plus connu pour les deux : la pédagogie. 
  • La docimologie : j’en ai déjà parlé dans mon article « grade et ceinture noire – tout un débat (P4)« . Il s’agit de la science qui étudie l’évaluation.

Il faut avoir conscience que toutes ces disciplines font réellement l’objet de recherche au sens universitaire du terme. Des spécialistes, au moins bac+7, avec un doctorat en poche, travaillent sur ces questions pour mieux comprendre et faire évoluer toutes ces questions. Non, il ne s’agit pas d’une lubie de quelques illuminés comme moi ou Stéphane, et des prof de profession de surcroit. Nous souhaitons, comme dans notre travail quotidien, utiliser les travaux de ces enseignants-chercheurs pour mieux faire progresser nos élèves. Nous partons du principe que nous n’avons pas toutes les clefs et qu’il nous faut évoluer pour être plus pertinent et efficace.

Plusieurs théories d’apprentissages

Avant de rentrer dans le détail, pour ma part, Apprendre, c’est acquérir des connaissances afin d’être autonome dans la résolution de situations problématiques. Autrement dit, connaitre un catalogue fait partie de l’apprentissage, mais ça n’est pas tout l’apprentissage. Celui-ci ne peut être considéré comme complet que si l’utilisation de ces ressources est suffisamment appropriée pour garantir l’autonomie face à des tâches de plus en plus complexes et nouvelles.

Ainsi, dans l’histoire de ces sciences de l’éducation, comme dans toutes sciences, plusieurs théories structurantes ont eu leurs heures de gloire. C’est d’ailleurs étonnant que leur ordre chronologique de création et de découverte n’est pas en adéquation avec leur moment de gloire. Un document synthétique de l’université de Lorraine est très bien fait sur cet historique. Il présente :

Mais pourquoi réfléchir à tout cela ?

Deux constats peuvent se poser et sont partagés :

  1. L’aïkido est un martial difficile puisque, même avec une vie de travail, il ne pourra jamais être maitrisé à la perfection.
  2. Nous perdons des adhérents et notre effectif actuel n’est pas suffisant pour un avenir serein.

Ces états de fait montrent que l’enseignement de notre art est la clef de voûte de sa prospérité. Actuellement, l’essentiel de la formation est fait par le biais de tutorats (même en formation initiale). C’est une excellente chose pour gérer le quotidien, mais ça ne permet pas de faire évoluer les pratiques enseignantes en profondeur.

En effet, les possibilités d’enseigner aujourd’hui sont nombreuses. Ce qui permet de le faire légalement va de l’autorisation temporaire, l’AFAC au DEJEPS.

cf le site de l’institut de formation de la FFAAA

Les premières formations certifiantes : AFAC et BF ne sont pas calibrées pour garantir la charge d’un club durant des années. Avec 36 h seulement, on ne peut pas dire que le temps nécessaire pour aborder ces notions de fond soit suffisant.

Le CQP est plus complet mais la didactique de la discipline n’est pas le cœur de la formation puisque ce diplôme est le premier pas vers la professionnalisation.

Le DEJEPS ne se passant plus que par VAE, il n’y a aucune formation initiale prévue.

Conclusion, le travail produit dans le dojo pédagogique de Stéphane est à mon sens primordial pour faire évoluer les pratiques enseignantes. J’essaye aussi d’aborder ces questions plus modestement, mais ce travail est essentiel pour assurer la pérennité de notre discipline dans une société en mutation. Les personnes du milieu du XXe siècle ne sont plus celles de 2025. Sans vouloir être alarmiste, si nous ne faisons pas évoluer notre approche, nous serons voués à disparaître. Comprenez-moi, ne renions pas notre art martial et ses principes, mais adaptons mieux son enseignement à notre époque. Si nous voulons que l’aïkido se propage, c’est à nous de le faire.

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