Pratiquant – CTR, quel(s) lien(s) ?

Aujourd’hui, j’ai envi de faire un état des lieux de ce que peut apporter un Collège Technique Régional (CTR), et à fortiori ses membres, à un pratiquant de sa ligue et inversement. Je me permets cet article car, pour la saison prochaine, j’ai eu la chance d’être choisi par notre DFR, Fabrice Croizé senseï, et par l’équipe de direction de la ligue Grand-Est pour faire partie de cette équipe. Je profite de cet article pour les remercier chaleureusement pour la confiance qu’ils me témoignent, je suis vraiment touché. Je tiens également à préciser que les propos qui suivent n’engagent que moi. Comme toujours, il s’agit du reflet de mes valeurs, de ma lecture et de ma compréhension de notre monde aïkido. C’est pourquoi je resterai généraliste et ferai part des expériences que j’ai eu tant en Grand-Est qu’ailleurs, sans spécifier les lieux.

En introduction, laissez moi juste vous rappeler que le CTR est un organe local travaillant sur l’aspect technique et pédagogique, et non administratif, de l’aïkido. Je parle dans cet article du collège regroupant des techniciens de votre région et qui est administrativement piloté par votre ligue (grande région administrative). Il existe, dans certaines régions de France, des collèges techniques au niveau départemental ou inter-départemental. Il existe aussi, à l’échelon du dessus, le Collège Technique National (CTN) duquel tous les DFR sont membres.

Dans les textes

Chaque Ligue possède un règlement propre à son CTR. Cela étant, voila ce que dit la mouture proposée par la fédération sur les rôles et objectifs d’un collège technique régional :

Maintenant, restons pragmatique, Les pratiquants peuvent rencontrer les membres du CTR lorsqu’ils animent toutes sortes d’interventions sur le territoire régional. Voici encore la liste de ce qu’ils peuvent animer :

Là ou le cadre institutionnel est encore plus contraignant dans la rencontre pratiquant – membre du CTR, c’est pour les stages « validant » pour les passages de grade, ou les stage obligatoire pour le Brevet Fédéral. Mais là encore, les obligations sont clairement définies :

Tous les extraits précédents sont tirés de la mouture de Règlement Intérieur pour les CTR proposé par la FFAAA aux ligues (sept 2024).

Concrètement, ça donne quoi ?

Les membres du CTR de votre région sont surtout, et je dirais même avant tout, des enseignants de votre région. Par cette expérience, ils sont un relai de vos besoins vers des personnes qui ont déjà rencontré votre difficulté. Leurs missions sont nombreuses, mais ils sont là, avant tout, pour vous soutenir vous !

Dans ce que nous ne voyons pas :

les membres du CTR travaillent pour mener à bien les objectifs décidés collègialement en accord avec les orientations du CTN, du CD de la ligue et sous l’impulsion du DFR. Cela peut prendre la forme d’organisation et/ou d’animation d’évènements, la rédaction de contenus, etc…

Pour les enseignants :

  • ils sont là comme support pour les projets locaux. Il peuvent vous aider à entrer en relation avec les personnes appropriés aussi bien dans le cadre technique qu’administratif.
  • Les membres du CTR peuvent vous apporter un soutien technique et pédagogique. Le but n’est pas de prendre votre place dans votre dojo, il ne manquerait plus que ça… mais au contraire, ils peuvent vous aider à trouver des réponses concrètes à des problématiques propres à votre club. C’est par l’écoute et l’échange que nous pouvons tous progresser.
  • Ils peuvent répondre à vos besoins en formation pédagogique en organisant des sessions avec un intervenant adéquat proche de chez vous. Leur rôle n’est pas de tout animer !
  • Ils peuvent mettre en valeur les compétences et les individus que vous avez formé dans votre club. Cela permet de valoriser votre travail quotidien et d’accompagner celui-ci pour porter encore plus haut les pratiquants.

Pour les pratiquants :

  • Comme dit plus haut, vous rencontrerez les membres du CTR à plusieurs reprises : stages de ligue, stages de préparation grades, stages de préparation au Brevet Fédéral et encore bien d’autres évènements. Ils n’animeront pas forcément, mais leur rôle est de vous accompagner et d’organiser ce type de rencontre.
  • Aux examens : Grades dan, BF… Même si « faire parti du CTR » n’est pas un critère pour être jury, il est fréquent de retrouver ces techniciens dans ces instances. En effet, pour être jury, il « suffi » de se prévaloir d’un diplôme d’enseignement, suivre une formation adéquate et, pour les grades, avoir été listé auprès de la CSDGE. A ce propos, vous trouverez la liste de tous les jurés potentiels sur le dernier relevé de décisions de cette instance en suivant ce lien.
    Quoi qu’il en soit, de part cette expérience, ils peuvent représenter une source de conseils intéressants à prendre en compte. Ils n’ont pas à remplacer votre enseignant qui est votre référence. Ils peuvent seulement vous apporter un éclairage complémentaire qui vous permettra de mieux saisir des concepts travaillés avec votre senseï.
  • Vous pouvez également avoir à faire aux membres de CTR dans le cadre de certains dispositifs proposés par votre ligue, comme les pôles « espoirs/jeunes » par exemple.

Ca apporte quoi aux membres du CTR ?

Au bord des tatamis, on entend souvent que tel ou tel membre du CTR n’est « pas légitime », ou a été nommé par « copinage ». On entend encore que ça flatte son « égo ». À l’inverse, tel ancien membre a été expulsé pour « des raisons politiques ». Parlons crument, je ne peux pas m’exprimer pour l’ensemble des CTR de France et de Navarre et dire que tout est faux. Mais oui, il y a souvent des enjeux « politiques » pour contenter une « branche » ou un autre au sein d’un territoire. Cela étant, le monde de l’aïkido est un microcosme où nous devons, à mon sens, éjecter toutes ces questions (pas éjecter les personnes mais ces idées). Ce qui me semble essentiel est le travail du groupe dans l’intérêt commun. En ce qui me concerne, j’y vois davantage une opportunité de mettre en place des projets de grande envergure pour la discipline et ses pratiquants. J’y vois également un formidable moyen d’être en relation avec une très grande variété de pratiquants et d’enseignants et d’ainsi, continuer à apprendre et progresser à leur contacte.

Je vous entends déjà dire : « Tu es utopique, voir même naïf ». Peut-être, mais cela ne m’atteint pas. Si les pratiquants et enseignants adoptent aussi cette « philosophie », dans leur demandes, leur approche, leur vision global du travail collectif, je suis intiment persuadé que les guerres de chapelles s’éteindront d’elle-même pour que des projets avancent, se concrétisent et que tout le monde progresse ensemble.

Comme je l’ai dis en introduction, je vais découvrir l’autre côté de la barrière à la rentrée. Je sais que le travail ne sera pas toujours facile, mais essayons. C’est avant tout un travail d’équipe tant au sein du CTR qu’avec l’ensemble de enseignants du territoire. J’ai hâte de commencer pleinement cette nouvelle tâche !

À très vite sur les tatamis et bonnes pause estivale à tous.