P1 : Une histoire, plusieurs visions de l’aïkido

Quelle définition donner à ce bel art martial ? C’est difficile quand nous sommes dedans depuis des années. Le moins que je puisse dire, c’est que la description que j’en fais actuellement est très différente de celle que j’aurais donnée lors de mes débuts. Je ne dis pas que mon impression d’aujourd’hui sera celle de demain, en réalité, j’espère que ma vision s’affinera encore. Cependant, j’aimerais vous raconter le cheminement d’un pratiquant que je connais un peu puisque c’est le mien. Le but n’est pas de parler de moi, mais de donner un exemple, parmi tant d’autres, de ce qu’est notre discipline. Ainsi, sur les conseils de mon ami Sébastien, je vais essayer de vous détailler ce cheminement dans trois articles.

Dans ce premier épisode, je vous propose de plonger dans la tête d’un tout jeune débutant. Je dirais même un pré-débutant du début des années 2000. (Oui, c’est bien un T-shirt de Zelda que je porte, Zelda : Majora’s Mask pour être précis)

Ma première montée sur le tatami à Toulon : 2001
cours d’Alain Tisman Senseï

Ces premières années furent marquée par une incapacité à pratiquer. Je ne pouvais pas monter longtemps sur le tatami pour des raisons personnelles et de santé, alors j’ai passé beaucoup de temps à observer l’aïkido alors que je n’avais que 17 ans. Je considérais cet art martial comme une forme de combat absolue résolvant tous les problèmes sans même être touché. J’avais l’impression de regarder des films d’arts martiaux se dérouler devant moi. C’est simplement beau à regarder.

Je me permets de préciser le contexte : Je vous parle d’un temps où se connecter à internet n’était pas simple…

Je précise simplement cela pour dire que l’aïkido-bashing que l’on entend beaucoup aujourd’hui sur « son inefficacité » n’existait pas à l’époque. Les seules références que nous avions était les combats dans les films et Steven Seagal était l’égérie de notre discipline. C’est vous dire… Je vous rassure, je ne suis pas nostalgique de cette période. Cependant, nous devions d’avantage nous forger une opinion par nous même, avec notre expérience personnelle comme seule boussole. Malheureusement, ou heureusement, je n’avais aucune autre expérience dans les disciplines martiales.

Je parlais de « beau » alors, mais en quoi ?

A mes yeux de novice, l’aïkido était beau pour deux raisons :

  1. Pour sa tenue, bravo le Hakama et le contraste noire et blanc. Héritage d’un japon fanstasmé, elle donne une folle envie de la porter. A cet âge, je m’imaginais aisément vêtue en samouraï, sabre à la ceinture. Oui, toujours un petit côté enfantin…
  2. La différence apparente entre l’agressivité de l’assaillant et le calme de celui qui fait la technique. Voir les agresseurs voler suite à des déplacements paradoxalement presque trop lents me fascinait.

J’ai beaucoup appris de cette période sur les formes de corps et certains déplacements, bien sûr ; mais je me suis surtout déjà mis dans la posture d’un futur élève avide d’apprendre.

Aujourd’hui, je suis heureux d’avoir pu porter ce regard enchanté sur cet art qui me fait vibrer encore, plus de 20 ans après, même si c’est pour des raisons un peu différentes.

La suite, au prochain épisode… D’ici là, n’hésitez pas à partager votre vision personnelle de débutant en commentaire !