Simon, mon frère d’armes

Dans le monde de l’aïkido, j’ai rencontré un nombre incalculable de personnes formidables. Il y a des amis, mais dans cet article, j’aimerais vous parler de mon « frère d’armes » : Simon Loiseau.

Nous avons commencé l’aïkido à la même période, fin des années 2000, auprès de Raoul Bender à Châlons-en-Champagne. Ce démarrage commun crée déjà une relation particulière entre nous. Quelques années ont passé, avec malheureusement une blessure qui l’a contraint à s’éloigner des tatamis pendant deux ans. Par chance, il décide de revenir et de continuer son chemin à mes côtés, à Courtisols. Cela fait donc plus de 10 ans que nous avançons côte à côte.

Il est étrange de faire cette rétrospective. Quand j’y pense, on a commencé ensemble, et voilà que, 15 saisons plus tard, nous nous apprêtons à animer ensemble le club de Sarry. Quel chemin parcouru…

Revenons à nos moutons, mais d’où vient donc cette expression de « frère d’armes » ?

Non, nous n’avons pas fait la guerre ensemble, mais nous nous sommes aidés, soutenus tels des frères durant cette dernière décennie. Je me souviens, comme si c’était hier, du moment où nous avons utilisé ces mots. C’était à la rentrée 2016. En juin précédent, il a brillamment réussi son premier dan. Avec sa carrure de guerrier, il n’a pas tremblé, contrairement aux partenaires qu’il avait en face de lui le jour de l’examen. Toujours en douceur, pourtant avec une intensité tranchante, les techniques qu’il a exécutées ont convaincu le jury. C’était donc à la reprise des cours, lors de la remise de sa ceinture noire, que cette amitié fraternelle fut revendiquée. 

De par notre relation particulière, Raoul m’a laissé le soin, ce jour-là, de lui remettre sa ceinture. Je l’avais dans mon dos lorsque j’ai appelé Simon au centre du tatami. Il s’est approché pour la recevoir et j’ai pu le féliciter en ces termes avant de la lui remettre. Sans avoir en tête précisément mon petit discours, je me souviens d’avoir mis en avant notre progression commune. J’avais beau avoir pris un peu d’avance à cause de sa blessure, il n’en reste pas moins un aïkidoka que j’admire pour ses qualités techniques, mais également pour son humanité et la générosité dont il a toujours fait preuve. Grâce à lui, j’avais, et j’ai toujours, la sensation de ne pas être seul sur cette voie escarpée qu’est l’aïki. Il est là pour me soutenir et me faire progresser comme je veux être présent pour lui. Nous ne sommes pas toujours d’accord, quels frères le sont, mais nous nous respectons assez pour nous le dire sans détour et avancer. Ce jour-là, je lui ai remis cette ceinture noire en le remerciant d’être mon « frère d’armes » (mon frère de tatami). 

Aujourd’hui, Simon continue sa progression, faisant de lui un aïkidoka confirmé. La même année (2022), il réussit à la fois son 3e Dan et son Brevet Fédéral avec les honneurs. Les influences qu’il suit sont diversifiées. Certaines sont communes aux miennes comme Micheline Vaillant-Tissier Shihan et Christian Tisser Shihan. Mais, il a aussi sa propre identité en poursuivant ses recherches du côté de Ryuji Shirakawa Shihan notamment. Je souhaite vraiment que notre collaboration continue, quelque soit ce que l’avenir nous réserve.

Maintenant, il est temps de profiter des moments dans le dojo comme à l’extérieur. Je ne m’étendrai pas sur ces moments de vie qui nous appartiennent en dehors du tapis, juste pour vous dire que notre amitié n’est pas cloisonnée aux murs du dojo. C’est donc avec toute l’équipe d’Aïkido Nakama de l’éveil de Sarry (Céline, Séverine et tous les pratiquants), qu’il est temps d’écrire une nouvelle page de notre histoire commune.

Il nous a fallu seulement trois mois, après notre départ de Courtisols, pour trouver cette opportunité et créer la structure de notre section. En cette première rentrée, nous nous sommes tous retroussés les manches afin de mettre en valeur ce que nous avons construit. C’est aux futurs adhérents désormais, par leur présence, d’évaluer l’engagement que nous avons mis dans ce projet un peu fou.

Plus que deux choses à dire : 
Allons-y ensemble, comme toujours mon ami ! 
Longue vie à Aïkido Nakama de l’éveil de Sarry !